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Le rat

Le rat est un petit mammifère de compagnie très méconnu. C'est un animal très affectueux et sociable. Il est principalement actif la nuit. Son espérance de vie est d'environ 2 ans. Le rat appartient à l'ordre des rongeurs. Bien que le chinchilla et le dégu appartiennent au même ordre, leur dentition diffère de celle des rats. Chez ce dernier, seules les incisives poussent de façon continue, générant plus de problématique que les dents arrière.Alimentation

C'est un animal omnivore, donc son alimentation est très diversifiée : il peut manger des céréales, des fruits, légumes et produits laitiers, tous en petites quantités. La moulée doit constituer environ 80% de la diète du rat afin de maintenir un équilibre nutritionnel adéquat. De l'eau fraîche doit toujours être disponible. Des branches de pommiers peuvent être fournies afin d'enrichir son environnement et lui permettre d'user ses incisives. Du foin de Timothy peut également être donné, suspendu dans des supports vendus à cet effet il ajoute une touche de défi à son alimentation!

Régie

Le rat peut être gardé de façon sécuritaire dans une cage du plus grand format possible, afin de lui laisser la chance de se divertir aisément. Plusieurs accessoires ou jeux peuvent lui être fournis : boite de carton propre et vide, tuyaux en PVC, roue d'exercice, rouleau d'essuie-tout vide, etc. Le fond de la cage ne doit pas être grillagé afin d'éviter que l'animal ne se blesse les pattes. Les rats étant des animaux très sociables, il peut être intéressant d'en posséder plus d'un. Toutefois, il convient d'éviter la cohabitation de rats de sexe opposé s'ils ne sont pas stérilisés pour éviter la multiplication du nombre de compagnons! La litière recommandée est le papier recyclé compacté puisqu'il produit moins de poussière, les rats étant un peu plus fragiles au niveau respiratoire. La litière de pin ou de cèdre doit être évitée car elle favorise une irritation de la peau et des voies respiratoires.

Maladies fréquentes

Syndrome respiratoire

Le syndrome respiratoire est une infection souvent mixte (qui implique un agent bactérien et viral) du système respiratoire chez le rat. Le virus Sendai est un agent important à ne pas sous-estimer puisque l'animal ne peut s'en débarrasser complètement. Ainsi, lorsqu'un événement stressant survient, le rat est enclin à manifester les signes cliniques suivant : éternuement, frottement avec les pattes du museau et des yeux, sécrétion de porphyrines, râles à la respiration, abattement, perte d'appétit. Les bactéries vont souvent profiter de l'affaiblissement du système immunitaire pour s'installer chez le rat malade. Il y a alors apparition de sécrétions purulentes et difficulté respiratoire. Le rat peut aussi présenter un mouvement au niveau du ventre qui suit le fil de la respiration et qu'on appelle pousse abdominale. Les bactéries les plus souvent en cause sont Streptococcus, Corynebacterium et Mycoplasme. Un traitement antibiotique s'avère alors nécessaire, la durée et l'efficacité du traitement étant très variable d'un individu à l'autre. Il est crucial de fournir un milieu un peu plus chaud que la normale afin de soutenir l'animal symptomatique (24-25 °C), offrir un environnement avec une bonne ventilation (éviter les aquariums ou couvercle non-grillagé), changer la litière fréquemment afin de limiter l'exposition à l'ammoniaque et limiter le stress le plus possible. Il convient de placer le rat affecté en quarantaine dans une cage séparée des autres rats située dans une pièce différente et de vous laver les mains après chaque manipulation afin d'éviter la contamination. Un suivi avec votre vétérinaire est essentiel afin de traiter rapidement toute récidive du syndrome respiratoire et ainsi d'augmenter les chances de guérison.

Tumeurs mammaires

Les tumeurs mammaires sont fréquentes chez le rat, mais la plupart du temps elles sont bénignes (fibroadénome), contrairement à la souris chez qui les tumeurs mammaires sont rares mais souvent malignes. Dans environ 10% des cas, il s'agit de tumeur maligne, on parle alors d'adénocarcinome. Ces tumeurs sont influencées par la stimulation hormonale, donc une stérilisation en bas âge (moins d'un an et même moins de 3 mois préférablement) permet de réduire considérablement les risques de développement de masse mammaire (49% si intacte versus 4% si stérilisée). Le tissus mammaire s'étend, chez le rat, du ventre jusqu'au dos : il n'est donc pas rare de voir une tumeur mammaire se développer sur le flanc ou sur le dos d'un rat. Le cas échéant, il est tout d'abord recommandé d'analyser la masse à l'aide d'une cytologie afin de distinguer la tumeur maligne (avec métastases) de la tumeur bénigne. S'il s'agit d'une tumeur bénigne, il est recommandé de retirer chirurgicalement la masse le plus tôt possible car elles ont tendance à grossir très rapidement. Plus la masse est de petite taille, plus il est possible de retirer toutes les cellules cancéreuses autour de la masse et plus les chances de récidives sont faibles. Toutefois, il est important de considérer les risques que de nouvelles masses apparaissent à nouveau, la stimulation sexuelle étant toujours présente sans stérilisation. Lorsque la tumeur est maligne, le pronostic est beaucoup plus sombre et une euthanasie est à envisager. La radiographie thoracique permet de déceler la présence de métastases, mais souvent l'animal développe de la difficulté respiratoire rapidement lorsque celles-ci s'installent.

Parasites

Le pou hématophage (suceur de sang) est de loin le parasite le plus fréquemment rencontré chez le rat. L'animal se gratte beaucoup lors d'infestation et peut se causer une infection de peau secondaire aux lésions de grattage excessif. Les rats très infestés vont également manifester de l'abattement dû à l'anémie secondaire à la perte de sang ingéré par les poux trop nombreux. Le diagnostic est posé par la visualisation des poux dans le pelage et observation microscopique. Le traitement se fait à l'aide de 2 à 3 injections d'ivermectin administrées à 7-10 jours d'intervalle. Il convient de désinfecter l'environnement avec un produit adapté pour les petits mammifères (moins odorant et moins nocif).

Chromodacryorrhée

Il s'agit d'une sécrétion de larmes colorées rouges qui pourront être observées aux yeux ou au bout du nez (le canal nasolacrymal communique entre les yeux et le nez). Le pigment rouge, appelé porphyrine, est produit par la glande de Harder qui se trouve juste derrière l'œil du rat. Elle peut être confondue avec du sang, qui peut néanmoins être présent lors de trauma ou d'abcès des racines dentaires. Toutefois, la surproduction de porphyrines doit toujours être considérée comme anormale, soit secondaire au stress ou à une maladie. Il convient donc de consulter votre vétérinaire si votre rat manifeste un écoulement de la sorte pour déceler hâtivement la maladie sous-jacente et/ou réviser l'environnement de votre rat, afin d'identifier l'agent stressant et de l'éliminer dans la mesure du possible.

Malocclusion

Les incisives du rat poussent de façon continue. Ainsi, lors d'un trauma ou d'une anomalie congénitale de la racine dentaire, les incisives qui deviennent trop courtes ou déviées représentent un risque de malocclusion. En effet, les incisives du bas et du haut frottent constamment l'une contre l'autre lorsque le rat mange : si l'une d'elles n'entre plus en contact avec l'autre, aucun obstacle ne l'empêche de pousser de manière exagérée, si bien qu'elle atteint la partie opposée de la gueule de l'animal et perfore la peau. Ceci engendre beaucoup de douleur à l'animal, causant une perte d'appétit pouvant provoquer des dérangements digestifs, et une perte de poids pouvant être rapidement fatale chez nos compagnons de petite taille. De plus, une infection peut se développer causant d'autant plus de dommage. Tout rongeur qui cesse de manger doit absolument être examiné par un vétérinaire afin d'identifier rapidement la problématique et d'éviter des complications pouvant aller jusqu'à la mort de l'animal. Les dents de taille ou d'orientation anormales pourront être corrigées par la taille des dents. Elle doit être faite par un vétérinaire pour s'assurer qu'elle soit bien adaptée à l'anatomie normale de l'animal, qu'elle n'interfère pas avec une bonne capacité de préhension et de mastication des aliments et afin d'éviter qu'elle ne génère un saignement ou de la douleur causant encore une fois de l'anorexie. Chez certains individus, la taille des dents devra être effectuée mensuellement sur une période variant de quelques mois à quelques années, en fonction de la récupération de l'orientation normale de la dent endommagée.